La route
d’Agota Kristof
La terre est entièrement couverte de béton et de brouillard. Il n’y a plus que des routes où les voitures sont abandonnées depuis longtemps et servent de « refuges ». Personne ne croit aux légendes qui parlent de soleil, d’étoiles, de fleurs, d’herbe, d’arbres, de maisons. Réalité ou cauchemar d’un « constructeur de routes » ?
Fable noire dans une langue épurée, à la Beckett. Le monde décrit par Kristof — béton, brouillard, routes désertes, voitures-cabanes — fonctionne comme un cauchemar éveillé où les souvenirs de nature sont devenus des contes pour enfants invraisemblables. Le texte court tient sa puissance de cette langue dépouillée et de son ambiguïté finale : la dystopie est-elle réelle, ou ne ressort-elle que des cauchemars du constructeur de routes qui se réveille rongé par la culpabilité ?
Agota Kristof (1935-2011)
Autrice de langue française née à Csikvánd (Hongrie) en 1935, exilée en Suisse en 1956, morte à Neuchâtel en 2011. Mondialement connue pour sa trilogie romanesque ouverte par Le Grand Cahier (1986), traduite en plus de quarante langues — et adaptée au cinéma par János Szász en 2013. Son théâtre, plus rare, est publié au Seuil et chez Zoé.
La route fait partie du recueil de pièces brèves « Le Monstre et autres pièces » (Seuil, 2007), reprises en intégralité dans le grand volume Romans, nouvelles, théâtre complet (Seuil, 2011). Ces pièces brèves partagent une économie d’écriture extrême et un goût pour les situations dystopiques ou existentielles minimales — une voix qui dialogue avec celles de Beckett, Pinter ou Mrožek.
On vient jouer chez vous.
Théâtre, médiathèque, association, collectivité — La route se joue à huit comédien·ne·s, dans un dispositif plateau modeste, régie lumière simple. Nous nous déplaçons en Île-de-France, et au-delà sur projet.



